Proudhon, Justice et liberté

En 1962, Jacques Muglioni fait paraître aux Presses universitaires de France un recueil de textes choisis du penseur socialiste français, Pierre-Joseph Proudhon. Cette anthologie est divisée en quatre partie traitant successivement des causes de l’oppression, de la liberté, du travail et enfin de la justice, quatrième partie qui fait l’objet d’une édition électronique sur le site des classiques des sciences sociales.

Si ce travail d’éditeur manifeste la grande familiarité de Jacques Muglioni avec la pensée du père de l’anarchisme, il permet également d’approfondir les racines libertaires du combat, indissolublement intellectuel et politique pour la véritable liberté de pensée du futur doyen de l’inspection générale de philosophie. Cet extrait des Confessions d’un révolutionnaires (1849), repris dans la seconde partie de l’anthologie, l’illustre.

Ironie, vraie liberté !

C'est toi qui me délivres de l'ambition du pouvoir, de la servitude des partis, du respect de la routine, du pédantisme de la science, de l'admiration des grands personnages, des mystifications de la politique, du fanatisme des réformateurs, de la superstition de ce grand univers et de l'adoration de moi-même. Tu te révélas jadis au sage sur le trône quand il s'écria, à la vue de ce monde où il figurait comme un demi dieu : Vanités des vanités ! Tu fus le démon familier du philosophe quand il démasque du même coup et le dogmatique, et le sophiste, et l'hypocrite, et l'athée, et l'épicurien, et le cynique; tu consolas le Juste expirant quand, il pria sur la croix pour ces bourreaux : "Pardonnez-leur, mon père, car ils ne savent pas ce qu'ils font".

Pierre-Joseph Proudhon, Confession d'un révolutionnaire, 1849.